06 septembre 2009

Simone de Beauvoir - Mémoires d'une jeune fille rangée

Qu'est-ce que j'ai exactement d'une jeune fille rangée ? Pas grand-chose, il me semble. Et pourtant, me voilà encore frappée à la lecture des mémoires de Simone de Beauvoir : j'y retrouve d'étranges similitudes, de cheminements de la raison et de la pensée communs.
J'ai été tout particulièrement frappée par ce passage, reproduit ci-dessous, où elle parle de ses attentes quant à "l'amour", ou plutôt, de son anticipation future des relations avec un époux hypothétique. Je me suis sentie un peu blessée et ridicule de sa sincérité à l'aveu de ce qu'elle décrit, et que je dois reconnaître avoir longtemps considéré comme un idéal : la nécessité d'un conjoint supérieur.

Bien que je crois m'être toujours (toujours, et même bien avant mon coming-out pseudo-féministe) défendue d'un tel souhait, le lire noir sur blanc m'a fait réaliser la prégnance qu'il avait longtemps eue, jusqu'à très récemment.
Niant cette envie de supériorité (encore plus depuis que, lisant des ouvrages tels que la domination masculine, cela reviendrait à m'avouer que je suis une femme moyenne reproduisant sans conscience critique, voire reconnaissant et désirant, l'inégalité qui perdure entre les sexes), je n'ai jamais vraiment pris le temps de m'interroger sur le pourquoi d'une telle envie.

Les raisons de Simone me conviennent en partie ; comme je dis souvent, il aura toujours fallu plus d'efforts et de persévérance à une femme pour atteindre une position sociale valorisée quelle qu'elle soit ; la facilité relative dont disposent les hommes font qu'un égal est, par la force des choses, un supérieur. Un semblable supérieur ; je suis touchée aussi par la notion de partage et de similitude qu'elle évoque, car je conçois, et cela encore, les choses de cette manière, bien que plus largement : il n'est pas de relation durable sans une base fondamentale solide et commune. Je ne suis plus depuis longtemps une adepte de "l'amour tombé du ciel". D'ailleurs, je ne considère pas que cela soit applicable uniquement au couple "amoureux" ; mais le préalable à toute relation intense et, je l'ai déjà dit, durable.

Cette explication m'a saisie par sa simplicité, me signifiant mon absence totale de réflexion à ce sujet. Cela dit, je ne pense pas que mes relations avec mes parents aient influencé de la même manière que celle qu'elle décrit cette pensée intime ; cette genèse différenciée m'apparaît comme encore plus signifiante : même s'il n'existe rien de concret, de marque tangible d'une différence entre les sexes dans l'éducation et le milieu familial, nous avons tous - je ne pense pas que ce soit seulement Simone et moi - une intuition profonde de cette inégalité qui perdure, et nous nous en accommodons toujours dans une certaine mesure, même quand elle nous révolte.

Enfin, si je dis m'être émancipée récemment de cette vision des choses, ce n'est nullement que je ne m'accommode plus ; c'est que j'ai été amenée à reconsidérer les modes de relations socialement offerts. Et à comprendre que le couple était quelque chose de très restreint, de très éloigné de l'idéal relationnel, nécessairement flou, que j'entrevois comme une recherche désespérée, mais permanente. Et donc aussi de l'idée de supériorité/infériorité qui reste accroché à ce modèle binaire et hétérosexuel. Et aussi, parce que j'ai appris, progressivement, que personne n'est supérieur ou inférieur, quand une certaine proximité appréciée s'installe réellement entre des personnes.

Mais quand même, Simone reste une sacrée découverte, à chaque fois.

"Moi je voulais qu’entre mari et femme tout fût mis en commun ; chacun devait remplir, en face de l’autre, ce rôle d’exact témoin que jadis j’avais attribué à Dieu. Cela excluait qu’on aimât quelqu’un de différent : je ne me marierais que si je rencontrais, plus accompli que moi, mon pareil, mon double.

Pourquoi réclamais-je qu’il me fût supérieur ? Je ne crois pas du tout que j’aie cherché en lui un succédané de mon père ; je tenais à mon indépendance ; j’exercerais un métier, j’écrirais, j’aurais une vie personnelle ; je ne m’envisageai jamais comme la compagne d’un homme : nous serions deux compagnons. Cependant, l’idée que je me faisais de notre couple fut indirectement influencée par les sentiments que j’avais portés à mon père. Mon éducation, ma culture, et la vision de la société, telle qu’elle était, me convainquait que les femmes appartiennent à une caste inférieure (…) ; le prestige paternel avait fortifié cette opinion : c’est en partie sur elle que je fondais mon exigence. Membre d’une espèce privilégiée, bénéficiant au départ d’une avance considérable, si dans l’absolu un homme ne valait pas plus que moi, je jugerais que, relativement, il valait moins : pour le reconnaître comme mon égal, il fallait qu’il me dépassât."

02 août 2009

Ah...

... il y a tant de réflexions, de menus machins bordéliques, pensées entremêlées de sons et lumières, flash du passé, espoirs sordides, questionnements et hésitations ; dans ma tête.
Il faut dire que quand il s'agit d'émotion, je ne maîtrise plus grande chose, je ne tends plus vers rien et... tiens, je ne suis tellement pas la seule ! Quel manque crucial d'originalité.
Réflexion que je me fais, cette après midi 14h37 (alentours), sur une route de campagne qui me ramène du boulot en écoutant France Inter (et une écrivaine qui sert un discours terriblement lassant, ressassé, sur des relations de couple etc.) : pourquoi les gens un tant soit peu intelligents qui ont un quelconque problème versent-ils dans l'autoanalyse écrite ? Quel manque d'originalité.
Nous sommes tous là, un journal intime, des feuillets sans nom, un blog livré en patûre à la blogosphère et j'en passe ; à la recherche d'un support pour raconter notre vie et nous plaire à nous y complaire en pensant que cela pourrait intéresser... qui ?

Qui cela pourrait-il bien intéresser de lire les déboires et la fierté affichée de pauvres mal adaptés qui s'imaginent plus profonds qu'ils ne le sont ? Eh bien, les semblables. Les autres occupés à se triturer le cerveau à coup de belles phrases incompréhensibles (il est plus sûr de faire du beau lorsque l'on se départit du sens) : des hameçons à poissons morts.
Il suffit de se rappeler, Librisme, ce réservoir de gens à problèmes heureux de se retrouver entre eux et gratouiller leurs blessures, pour voir, à quel point on se ressemble, tu penses, est-ce que ta souffrance pourrait se coller à la mienne, et d'où un immensément fragile puzzle de pièces mal engoncées, je t'aime, moi non plus, toi oui, mais encore... et vogue le temps et les phases de joie excessives, et de destruction massive...
Via les mots et le ô vénéré support virtuel.

Et dire que cela aurait pu être tellement beau... mais les gens à problèmes sont des gens étriqués peu enclins à se poser les questions nécessaires quand il est temps. Mieux vaut tout poser, tout superposer, équilibrer à force de béquilles vacillantes, jusqu'au jour où tout s'écroule et où l'on se dit qu'il aurait fallu commencer par l'autre bout. Et nous recommencerons ? Ah, mes semblables ! On ne s'y noiera jamais assez.

08 juin 2009

Colette - Le blé en herbe

Un gros coup de coeur, au sens fort : un livre dans lequel on plonge si intensément, qui réveille sans raison particulière - pas d'identification véritable, pas de morceaux de passés troublement reflétés - des émotions profondes mais fragiles, qu'il paraît difficile de pouvoir en dire quelque chose de conséquent, et qui ne briserait cette proximité magique et éphémèrement entrevue - un peu comme on craint de dénaturer ses rêves en tentant de les raconter, ce qui, à coup sûr, arrive...

Un livre qui vous partage entre l'envie de partager, comme toutes les belles choses y engagent, et l'envie de garder pour soi, un plaisir jaloux dont la pureté semble vulnérable à toute tentative d'expression, car forcément maladroite.
Alors, que dire du blé en herbe ? Un roman sur l'amour, évidemment. Sur le sentiment amoureux dans son intensité, ses faiblesses, ses contradictions et ses souffrances collatérales. Un roman sur l'adolescence, cette période forcément transitoire où l'on doit s'efforce de devenir, quelqu'en soit l'objet en complément. Un roman social, alors ? En filigrane, assurément. Une esquisse des trajectoires prédessinées de l'existence de chacun, et des quelques zones grises où est laissée la possibilité, toujours présente, de sortir des sentiers battus. Mais pas complètement ; une image de révolte, contre ce piètre état de fait, et une image de résignation ; non moins sage, et finalement non moins honorable.

J'aurais dû détester ce livre, certainement, ne serait-ce que pour les excessives références au "masculin" et au "féminin" (surtout), sans discussion, un trait d'écriture semblerait-il fait pour m'exaspérer. Pourquoi non ? Je dirais cette conscience, certes désabusée, en arrière-plan, du caractère non naturel de ces différences pourtant réelles car apprises - leur reconnaissance sans en nier la transgression.
Il y a plusieurs choses à dégager de la passion juvénile qui entraîne Philippe et Vinca. La fin de l'enfance ne signifie pas seulement la fin d'une certaine "innocence" et le passage à une vie d'adulte dûment codifiée ; elle signifie également un chemin partagé, relativement indifférencié, qui se sépare pour laisser place à deux voies radicalement différentes qu'ils devront suivre indépendamment : Philippe deviendra un homme, Vinca deviendra une femme, avec toutes les contraintes socialement attribuées à chacun de ces rôles non négociables.

Ce n'est pas qu'ils découvrent à présent, dans leur nouvelle chair d'adultes débutants, qu'ils éprouvent de l'amour l'un pour l'autre ; c'est qu'ils leur faut à présent s'aimer autrement, s'aimer un petit peu comme des étrangers, incorporer au sentiment né de longue date cette nouvelle dimension d'inégalité : le transformer pour pouvoir se faire face, chacun à sa place, alors que depuis si longtemps il ne s'était agi que d'avancer tranquillement, côte à côte, et confiants dans l'indestructibilité d'une telle relation.
Il y a désormais tout un monde entre Vinca et Philippe, un fossé qui creuse au milieu de celui qu'ils avaient construit sans vraiment s'en apercevoir. Le blé en herbe, ce n'est pas seulement cette idée qu'il n'est jamais trop tôt pour aimer, mais surtout celle de la nécessaire douleur de l'amour entre des êtres sommés de s'appréhender comme des étrangers, ne serait-ce qu'un peu.

Face à cette nouvelle réalité et aux auspices obscurs qu'elle laisse présager, il ne s'agit pas de fuir ni de tenter d'aller contre ; dans l'été finissant qui enveloppe la côte bretonne, les deux héros cherchent, à tâtons, une issue favorable à leurs tourments respectifs - il faut savoir s'en contenter : le bonheur est déjà passé, et le blé n'est herbe qu'une fois.

"Ils éprouvèrent un amer et identique consentement à distancer, dès les premiers mots de leur entretien, le lieu commun de la dispute et du mensonge. C’est le fait des héros, des comédiens et des enfants, de se sentir à l’aise sur un plan élevé. Ces enfants espérèrent follement qu’une douleur noble pouvait naître de l’amour." (Mon passage préféré...)

27 mai 2009

Leaving (behind ?)

Aujourd'hui, moment de nostalgie à faire partager ; et pas de chichis, un moment éminemment, objectivement nostalgique : le départ.
Alors voilà, ces deux années sont passées, on avance, et comme dirait mon ami Souchon, "on a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens" ; alors, à la fin d'une étape eh bien, on continue, on s'en va, faire son nid sous d'autres cieux. Sans bien savoir lesquels d'ailleurs...

La fin d'un époque, c'est ce moment étrange où ce qui était le quotidien le plus banal, l'accessible et le "toujours sous la main", se prépare à plonger dans le passé. A entrer dans une chronologie bien particulière, la trame narrative de notre propre existence, ce qui fait son unicité. Désormais Bordeaux ne sera plus l'endroit où je fais mes études, "ouais, c'est loin, 6h de train, mais c'est une ville sympa, moi j'aime bien", mais une étape délimitée de mon parcours, dont je viendrai à parler sous plusieurs étiquettes : les années de master, ou, quand j'habitais à Bordeaux, ou encore, la période Science-Po... Oui, ce qui était l'atmosphère générale, la constante d'une vingtaine de mois, va se clore telle une grande parenthèse.

On ne quitte jamais définitivement un lieu, encore moins les gens qui y sont associés ; par exemple, je sais que je reviendrai ici une semaine dans l'été, un mois en septembre ; et que je garderai contact avec les personnes importantes rencontrées ici, et que nous aurons bien des occasions de nous revoir, en des circonstances variées... et pourtant, il y a un moment où on sent que "l'on part", que c'est pour de vrai. Ce moment où on sent la rupture impuissante du "c'est fini". Pourquoi maintenant et pas la prochaine fois ? Que perd-on précisément à cet instant-là ? Qu'est-ce qui détermine ce sentiment confus ?

Ce que l'on perd, ce ne sont ni les amis, ni la maison et la chambre qu'on occupait : c'est une mode de vie que l'on abandonne. Un soi associé à cet environnement qui ne sera jamais vraiment pareil à aucun autre, le cadre des évolutions que l'on y a connues, qui y resteront toujours liées. On abandonne une de ces petites vies qui font la grande, et parce que cela semble nécessaire, aller de soi, on le fait sans trop de difficultés. Avec peut-être un refoulement imperceptible qui nous laisse penser qu'on ne "réalise pas". Peut-être parce que réaliser rendrait les choses tellement plus difficiles.

So, bye-bye Bordeaux... la pluie, le rugby, les couloirs de l'IEP, les cours de Darbon, la salle d'escalade de Villenave d'Ornon et les cours de Dominique à la Halle le jeudi soir, les soirées de discute avec les colocs dans l'encadrement de la porte de ma chambre, les post-its sur le frigo, les marches jusqu'à l'appart de Joël et le mataba, les courses effrénées pour attraper le tram, les petites voisines qui piaillent et leurs parents qui s'engueulent, la bêtise des collégiens allant et venant, les matchs de badminton. Et tous ces éléments qui font système pour un temps. Une configuration éphémère au centre de laquelle, si petite soit-elle, j'avais ma place.

18 mai 2009

Petites choses

Ce soir j'avais juste envie de dire des bêtises, sans savoir à qui les dire vraiment. Qui ça intéresserait ? Qui en serait touché ? Qui serait à la (bonne) hauteur ? Les petites choses sont fragiles, elles survivent mal au dédain, elles survivent mal aux grandes difficultés de la vie que nous traversons, pensons-nous, vaillamment. Les petites choses sont là pour les yeux qui les voient en fouillant l'horizon, pour les idées désoeuvrées qui se traînent à la cime des arbres en cherchant un petit peu de quoi s'égayer.
Ce soir je courais dans le parc, il y avait l'odeur de l'herbe mouillée, et des pétales de fleurs blanches écrasés dans le sable du chemin, et l'eau sombre et miroitante de cette sorte de mare, troublée de temps en temps par les cercles de poissons venant s'abreuver d'air. Et le soleil tapait un peu sur mon visage, et les feuilles de cet arbre à la forme si étrange et si nette, si vertes. Un érable ?


J'aime bien l'oblicité du soleil du soir, et la texture plastique de l'herbe fraîche quand on emmêle ses doigts le long des tiges. J'aime avoir l'impression d'échapper au temps - j'aime le fait d'être capable de succomber à l'illusion. Marcher en laissant beaucoup balancer ses bras le long du corps, et regarder son ombre osciller sur le bord du trottoir.
Les petites choses ont l'air toutes bêtes quand on les empile ; probablement se vivent et ne se disent que très peu. Mais elles se partagent et un instant, je me suis sentie vraiment triste d'être seule à les recueillir.

16 mai 2009

La solitude est toujours relative - et relativement productive

Ma situation actuelle particulière - qui, je l'entends bien, n'est probablement intéressante qu'en termes de trajectoire personnelle - du fait de son haut degré d'expérience de la perplexité, ouvre des voies plus que larges à la rêvasserie - pure et simple, entortillements émotionnels en tous genres, flottements romantico-dépressifs comme les gros nuages (ceux de mardi sur la Garonne auraient aussi bien pu sortir tout droit d'un Magritte) du ciel de Bordeaux-Pessac, c'est à dire qu'ils passent et repassent, un peu au gré du temps, et qu'ils jouent à cache-cache avec des humeurs plus actives ou réjouissantes, l'énergie du footing du soir ou encore, le plaisir léger des soirées ensoleillées.

Rêvasser ne sert à rien, se torturer gentiment l'esprit non plus, si ce n'est à se faire mal, un petit peu, beaucoup, jusqu'à ce que ça dérive au moment où, tard le soir, on se retrouve seule face à ses frustrations avec 1) des envies relationnellement suicidaires (pulsions visant à "vider son sac", confesser tout à trac tout ce qui à l'intérieur fait de nous un être humain infréquentable, névrosé, égoïste et j'en passe) 2) des envies physiquement violentes (du genre, mettre son poing dans un mur, donner des coups de pieds dans les meubles, et surtout se laisser des marques de martyr) 3) un relâchement total qui implique l'anéantissement de toute fierté (pleurnicher, pleurer, écouter tous les trucs plus déprimants qu'on a sur son PC, relire les sms, textos, emails, re-re-regarder les photos et toutes autres preuves tangibles d'un "bon vieux temps" révolu).Bref, pas super classe, et pas super productif.

Mais rêvasser, être malheureux, déconcentré, ça rend productif en matière d'écriture. Je salue ici tous les gens heureux qui écrivent dans leurs humeurs normales, et les félicite ; probablement, s'ils ne font pas dans le trop mielleux, ce sont eux les artistes, ceux qui ont du "talent".
J'ai mis du temps à comprendre que je n'en avais pas et que ce n'était qu'un joli exutoire ; mais ce n'est pas si mal. C'est sortir quelque chose dont on peut être fier à un moment où il ne semble pas y avoir grand chose à tirer de soi-même. Bon à prendre, donc, tant que l'on a pas d'illusions sur sa grandeur artistique. Admettre que je me sens assez mal pour avoir envie/besoin d'écrire n'est pas forcément ce qu'il y a de plus plaisant, évidemment ; mais le reconnaître semble honnête, en tous cas.

Ecrire un petit peu pour ne pas dire grand-chose, coller au format du blog, qui nous impose arbitrairement son inévitable classement journalier, espérer que quelques anciens - amis, ennemis, connaissances, curieux - passeront par là, et qu'au moins on se touchera du bout des doigts sans nécessairement le savoir - la vague et mystérieuse présence des autres virtuels, leur couleur d'incertitude ; leur intérêt, peut-être dénué d'objet.
Mettre une jolie image par-ci par-là, un truc trouvé sur Google.image après une recherche au fin fond des pages d'un mot-clé des plus improbables ; trouver une couleur de police, faire un truc esthétique, se relire et trouver des passages bien tournés ; faire passer le temps et faire naître si l'on peut, tout au fond l'étincelle des mauvaises passes qui, si étouffée soit elle par des obscurités mouvantes, n'en est pas moins une étincelle ; quelque chose de vif, qui brille, sur quoi accrocher son regard et plus si affinités...

Ironiquement, toutes les expériences d'écriture balbutiantes des "gens comme moi" (ie, pas les artistes sus-mentionnés) commencent et recommencent en légitimant leur accès à l'écriture - ça, c'est fait. Demain, si le coeur ne m'en dit pas plus, nous parlerons de grands mots, de sentiments profonds, de tristesse incommensurables et autres joyeusetés. Chaque chose en son temps.

11 février 2009

Sous l'eau en silence

Sur les pavés on s’allongera ; les bras en croix, et le poids de la nuit sur l’estomac, à regarder la pluie tomber de par en bas ; de longues épines en cercle blanches et fines, nous griffant les joues de traînées mouillées… et les cheveux qui coulent dans le caniveau et les doigts qui se recroquevillent, on écoutera, pour une fois, sans se parler, sans se toucher, d’oreille à oreille le bourdonnement de l’intérieur à l’intérieur, aussi pur que, et seulement. Et on dessinera notre arabesque sur notre petit coin de terre, et tant pis si même personne ne nous voit.

You ask about forgiveness
I've not defined the word yet
A chance to set your back straight
A chance to find some feeling
You say you will come home soon
Won't see you most the weekday
I miss you at the best of times
You help me walk that fine line

Sometimes you pale on reflection
This walking figure might have nine lives
Sometimes you pale with desire
I don't know whether you've used
All your lives

You talk about forgiveness
I've yet to find the meaning
I miss you at the best of times
You help me walk that fine line...