07 septembre 2007

Le monde merveilleux de Miyazaki

C’est un article « juste au cas où » : au cas où quelqu’un parmi vous ne connaîtrait pas encore Hayao Miyazaki et ses films animés enchanteurs. Le simple fait que j’en chante les louanges est déjà en soi un gage d’intérêt et de qualité. Non que je sois terriblement égocentrique ; je suis surtout quelqu’un qui détestait les dessins animés. Passé mes 10-11 ans et la période révolue des Minikeums, je jugeais que ce genre de divertissement n’était définitivement plus de mon âge et le peu de fois où j’étais amenée à en regarder, par de malheureux concours de circonstances, je n’éprouvais qu’un incroyable ennui.

Il a d’ailleurs fallu un autre de ces concours - heureux donc cette fois - pour que je puisse me laisser conquérir par le génial réalisateur japonais. Je vous passe l’épisode biographique - Wikipédia y réussira bien mieux que moi à l’attention des intéressés - qui n’ajouterait d’ailleurs rien à l’oeuvre. A ma grande surprise et joie, j’ai donc découvert quelque chose de tout à fait original et enthousiasmant. Le cinéma de Miyazaki est une réinvention du dessin animé. C’est tout simplement différent. Je vais essayer d’expliquer pourquoi, mais vous ne le comprendrez certainement qu’en voyant par vous-même.

Une première chose appréciable est que ces dessins animés s’adressent à tous, petits et grands.L’atmosphère chaleureuse qui y règne, ainsi que les héros, des enfants dans la plupart des cas, qui affrontent nombre d’aventures rocambolesques tout en gardant le sourire, ont largement de quoi séduire un vaste public jeunesse, sans avoir rien à envier aux géants de Walt Disney. Et, en même temps, une foule de petits détails, des histoires complexifiées à souhait, ajoutées à une esthétique sans pareil, font que l’ensemble est loin d’être inintéressant pour le spectateur adulte. Qui, lui, ne se contentera pas de rire, de trembler et de s’émerveiller mais s’attachera à vouloir tout comprendre sans jamais vraiment y parvenir, comme l’on s’attache au mystère d’une énigme, par envie de saisir l’insaisissable.

Mais la véritable particularité de ces films réside ailleurs, dans quelque chose de plus abstrait, de plus difficilement exprimable. C’est peut-être, tout d’abord, un décor, l’instauration d’un autre espace-temps, indéfinissable et pourtant familier, qui libère le spectateur des tourments de sa réalité sans pour autant verser dans l’invraisemblable. Miyazaki situe souvent ses histoires dans une époque qui me semble proche d’un début ou milieu de vingtième siècle ; entendez par là, la civilisation à son apogée sans les conséquences désastreuses que l’on découvre aujourd’hui. Ce sont des villes avec des places de marché grouillantes de piétons, des rues pavées et de rares vieilles voitures, de grandes maisons de style ancien, des espaces de nature totalement vierges, et des personnages se déplaçant à dos de cheval ou de drôles de créatures magiques y ressemblant. Ce monde pré-moderne ravissant évolue en permanence à la limite du réel et du merveilleux, empiétant fréquemment sur le territoire de la magie, et c’est ce cadre original que l’on retrouve, par divers aspects, d’une histoire à l’autre. C’est aussi, je pense, une morale particulière : on oublie les terriblement méchants et les très gentils des dessins animés classiques pour se trouver face à des personnages étrangement humains, de ce point de vue : ils sont tantôt d’une grande aide mais peuvent également nourrir de bien noirs desseins. Un peu comme les humains, ils sont imprévisibles, et ont des bons comme des mauvais côtés. Bien loin de l’habituel schéma manichéen, ces films montrent le genre humain de façon assez pure et positive, dans ses grâces comme ses faiblesses. Et, au centre de tout cela, il y a les héros, et bien souvent les héroïnes, qui me ravissent tant elles sont ingénieuses, vives et débrouillardes en toutes situations. Leur rôle est souvent celui du diplomate, l’être chargé de maintenir ou de rétablir un équilibre menacé. Voilà ce que semble dire Miyazaki : qu’il n’y a pas fondamentalement, de bons, de méchants mais des circonstances, que celles-ci ne sont favorables qu’à condition de préserver un équilibre fragile, et qu’il existe, un peu partout, des personnes exceptionnelles capables de changer le cours des évènements.

Je ne sais pas si je vois vraiment les choses de cette manière, mais une chose est sûre, l’idée me plaît, et la voir diffusée à travers une oeuvre d’une telle qualité, me plaît encore plus....

Pour finir, et à titre non exhaustif, voici une liste-classement de mes Miyazaki préférés, si par hasard vous ne saviez pas par où commencer :

Le château ambulant

Le voyage de Chihiro

Kiki la petite sorcière

Princesse Mononoké

Mon voisin Totoro

Le château dans le ciel

Enjoy...