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Les Tokyoïtes utilisent énormément leurs vélos. C'est un de leurs côtés "éco", avec le tri sélectif compliqué et systématique.Dans tous les quartiers, même les plus bondés, ils sont là, chancelants sur leur bicyclette au milieu de la foule ; partout, on trouve des parkings spécial vélos (et payants), avec antivols fournis. C'est toute une institution.Le problème, c'est que cette circulation à vélo,
c'est n'importe quoi.
Comme je l'avais déjà remarqué lors de mon passage à Hokkaido, ici les vélos roulent habituellement sur le trottoir. Enfin, de temps en temps, ils sont aussi sur la route.Je crois sincèrement que si je dois être victime d'un accident de la route ici, ce ne sera pas par collision avec une voiture, mais avec un de ces maudits cyclistes. Que ça soit la grande foule, que le trottoir soit étroit, coûte que coûte, ils ne veulent pas mettre le pied à terre, et tentent des embardées fantasques pour éviter le pauvre piéton que je suis. Il n'est pas rare de se trouver pris en sandwich à la sortie d'un passage piéton entre deux vélos tentant de se croiser.Y'a aussi les mères sur vélo parlant à leur enfant sur vélo en regardant derrières elles, et pas devant, sur un trottoir plein de poteaux électriques, et vous vous arrivez en face, laissez-moi vous dire que c'est pas franchement rassurant.Y'en a d'autres qui, pour couper court à toute négociation, se contentent de rouler à toute vitesse et à vous de vous écartez du passage... bref, en un mot, ils sont insupportables ! Vive les bonnes vieilles voitures polluantes !
J'ai assisté ce matin à un désastre télévisuel tel que je ressens le besoin d'en blogger. Une bonne compréhension du sujet nécessite que je pose quelques bases quant à la "culture" japonaise telle que je l'appréhende dans ma nouvelle réalité quotidienne.1) Premier présupposé : la télévision, très regardée au Japon (ma colocataire passe littéralement TOUT son temps libre devant lorsqu'elle reste à la maison), est une véritable honte. Hormis le principe des dramas que j'affectionne, à toute heure et sur toutes les chaînes on tombe sur quantité d'émissions débiles sur le modèle "talk show", des gens plus ou moins célèbres parlant de n'importe quoi et surtout de rien, le ton allant du film pour bonne ménagère (du genre "C'est au programme", nullité du matin sur France 2) à la vulgarité bien lourdasse à coup de grands éclats de rire aussi naturels que bruyants. Bref, que du bonheur. J'ai dû tomber une ou deux fois, pas plus, sur une émission qui semblait digne d'intérêt, style documentaire, et encore je n'ai pas bien pu analyser car ladite coloc a direct changé de chaîne (mmmh, pays étranger, guerre ou quelque chose comme ça, bouh, pas intéressant !)...2) Pour ceux qui l'ignoreraient, à l'inverse de l'Europe et d'ailleurs de bien des régions du monde, les Japonais valorisent la peau claire, bien blanche, enfin du moins pour les filles (comme partout, les critères de beauté sont bien plus destinés à ces demoiselles qu'à ces messieurs). Ici, aucun complexe à me balader en mini-short avec mon bronzage inexistant de mois de juin : j'ai la classe. On s'habitue tellement à voir des paires de jambes blanquinasses à tout va que les étrangères bronzées deviennent presque choquantes.3) (notez que ce point est légèrement hors-sujet) La mode féminine au
Japon est un vrai fiasco, à tel point que je ne crois pas pouvoir le décrire, un entassement de maquillage, d'accessoires, de vêtements à frou-frous à donner mal aux yeux et au coeur. Un élément emblématique qui pourrait peut-être donner une idée de la gravité de la situation : ici il existe une marque de vêtements BARBIE pour ADULTES. Bon, fin de l'introduction.Ce matin donc je prends mon petit déjeuner avec Chieko, devant une émission à la con qu'elle avait préalablement choisie. Thème d'un "encart" de ce brillant talk-show : la couleur de la peau. Voix off : "aujourd'hui dans les quartiers branchés à Tokyo, on croise aussi des filles très bronzées. Noir ou blanc, qu'est-ce qui est le mieux ?" Mmmh, ça promet. Pour répondre à cette très pertinente et philosophique question, sont choisies deux paires d'effigies censées représenter les deux côtés de la balance. Quatre affreux pots de peinture sur pattes, apprêtées d'une manière dont on doute qu'on puisse vraiment VIVRE dans de telles conditions, faux cils et fausse couleurs de cheveux, qui ne diffèrent guère en effet que par la couleur de leur peau.Etape 1 : micro-trottoir : on demande à de jeunes hommes dans la rue leur préférence ; les chanceux doivent coller une vignette dans la case "blanchâtre" ou "cramée aux UV". A chaque décision, gloussements épiques de satisfaction des semi-humaines en arrière-plan. Résultat : les Blanches win (guère surprenant).Etape 2 (et c'est là que ça devient triste) : les quatre tachonnes (je me rends compte que je manque de vocabulaire approprié pour les dénommer), toujours par paire, vont dans une école primaire, faire devant les petites filles un discours pour défendre leur choix de couleur de peau... c'est là que leurs capacités intellectuelles se dévoilent.Blanchettes : "C'est plus mignon, la peau blanche, avec des vêtements occidentaux, c'est plus joli par exemple (dit-elle en pinçant entre deux doigts, à titre d'exemple, une robe à motifs style "Petite maison dans la prairie" en beaucoup, beaucoup moins long évidemment), et puis les garçons dans la rue ben ils ont dit qu'ils préféraient (gloussement, gloussement)".Cramettes : "Euh, c'est cool d'être bronzées... puis les garçons y'en a quand même qui ont dit qu'ils aimaient, euh voilà."Résultat : après une telle différence de performance, et avec toute la force des traditions ancestrales pour elles, win des Blanchettes. Les petites filles interrogées semblent avoir été convaincues par le "ça va mieux avec les habits Barbie", même si on doit s'emmerder tout l'été avec des ombrelles et des couches de crèmes pégueuse indice 50.On se rend donc compte par la même occasion qu'il y a un léger souci dans le système éducatif au Japon. Ce sera peut-être un prochain épisode.
Comme pour beaucoup de produits, c'est toujours amusant de voir comment la mise en page des bouquins peut changer, d'un pays à l'autre. Je détestais la mise en page britannique : poches trop gros, gros caractères en surbrillance pour les titres, j'avais toujours l'impression de lire un bestseller. Je préfère de loin la présentation discrète des Folio français, avec leur uniformité, leur couverture lisse, et leurs illustrations quelque peu mystérieuses.En bonne lectrice internationale, je me demandais donc ce qu'il en serait des livres nippons. Première bonne surprise : par bonheur, la grossièreté anglo-saxonne nous est épargnée. Et, en bons Japonais soucieux de n'occuper que ce qu'il faut d'espace, les poches sont vraiment petits, fins, bref pratiques. Ils ont la spécificité d'avoir une double couverture (comme les brochés chez nous), un peu inutile mais bon joli.Cependant, à la caisse d'une librairie et sur le point de m'offrir mon premier poche en VO, je découvre une spécificité supplémentaire. Lors de mon achat, je fais savoir à la caissière que je n'ai pas besoin de sac plastique, et là, elle me brandit une sorte de couverture de livre, me demandant si ça, je le veux. Intriguée, je répond oui. Et voilà que mon petit livre se retrouve affublée d'une seconde couverture, sur laquelle se trouvent des messages anti-tabac...A quoi peut bien servir cette seconde couverture ? Avant d'examiner précisément la chose, j'imagine qu'il s'agit de quelque chose supposé protéger le livre, de la pluie, ou de je ne sais quoi dans le genre. Mais à bien observer le comportement de mes voisins dans le métro, je me rends compte que presque tous lisent des livres cachés par ces doubles couvertures (car le Japonais dans le métro, assis, debout, écrasé en heure de pointe, est imperturbable ; il dort ou il lit). Je conçois alors que la chose ait un autre but : cacher le contenu du livre lu. De là, est-ce à dire que les Japonais liraient du porno ou trucs du genre en pleine foule ?
Un grand bonjour aux éventuels lecteurs résiduels de ce blog, si tant est qu'il y en ait encore ; et à tous ceux qu'un missclick ou autre aura redirigés vers cette page.
Après quelques bons mois d'absence et d'une vie bordelaise probablement trop amusante pour me laisser le temps (et le besoin) d'écrire, j'ambitionne de débuter ici une chronique de mes aventures japonaises, principalement sur le thème de quotidien et des choses qui, chaque jour ici, m'étonnent et me font sourire. J'ai décidé de commencer par les transports parce que, eh bien, c'est l'une des premières choses auxquelles, dans ce pays comme dans bien d'autres, on se trouve confronté. Et aussi bien sûr, vous serez nombreux à en avoir eu vent, les transports de Tokyo et du Japon en général sont connus pour leur ponctualité, leur efficacité et leur côté pratique (leur prix aussi, hélas, lorsqu'on en a fait soi-même l'expérience !) ; toutes choses qui font clairement défaut à la SNCF, la RATP et leurs homologues locaux (une petite pensée pour TBC et la ligne B du tram bordelais à cet égard !).
Donc, les transports, qualités et défauts, us et coutumes, c'est parti. Je tiens tout d'abord à justifier mon titre : cet article aurait pu s'appeler, tout simplement "le métro japonais", par exemple. Mais ce n'est pas aussi simple. Car pour le novice, fraîchement débarqué de son avion à Narita, les transports japonais sont au premier abord un magnifique casse-tête chinois, passez-moi l'expression. Sur cette même grande zone métropolesque se chevauchent allègrement, en effet, des lignes de métro, des lignes de chemin de fer nationaux, et des trains de banlieue exploités par différentes compagnies privées. A ma première arrivée dans ce méli-mélo dans l'incroyable gare de Shinjuku, croyez bien que j'ai pensé ma dernière heure venue, tentant de trouver la fameuse ligne "Odakyu" qui devait m'amener jusque chez ma famille d'accueil. Les gares japonaises ont ceci d'antiquement européen qu'elles illustrent parfaitement la maxime "tous les chemins mènent à Rome" : la ligne ou la sortie que vous recherchez est toujours indiquée, mais le problème c'est qu'elle l'est toujours dans deux ou trois directions qui, non-averti que vous êtes, vous auriez a priori jugées comme opposées. Ce qui, vous l'aurez compris, ne facilite guère l'orientation intuitive.
Les transports tokyoïtes requièrent donc un brin d'habitude, le temps de démêler quel symbole désigne quel type de ligne, quelle couleur désigne quel type de train (il y en a des rapides, des moins rapides, des qui s'arrêtent partout, des qui s'arrêtent un peu moins et d'autres qui s'arrêtent que dans quelques gares choisies) ; en général, les expatriés dans mon genre savent comment aller de leur boulot à chez eux et c'est déjà pas mal. Mais passé cette première phase de stupeur, on découvre leurs innombrables qualités.
Premièrement, et c'est connu, ils sont toujours à l'heure. A la minute près. Les panneaux d'affichage annonçant les trains ne vous font pas de petit suspense comme ceux de Paris, Bordeaux ou London (pour me limiter à mon expérience), en vous annonçant une attente d'environ 5, 6 minutes - minutes qui s'avèrent bien souvent très flexibles... Non, ici, il y a une timetable et on s'y tient. Le train est annoncé pour une heure précise, 21h33 mettons, et à côté il y a l'heure actuelle qui s'affiche : pas moyen de tricher.
Ensuite, il y a sur le quai des marques indiquant l'endroit où les portes du train vont se situer lorsqu'il s'arrêtera ; ça évite de se sentir niqué lorsque l'on se retrouve pile poil entre deux portes et qu'à cause de ça on ne peut pas briguer de place assise ou de place tout court. Les gens sont donc bien sagement alignés devant les petites marques, chose tout à fait incongrue pour un Français. Je ne doute
pas que certains verront là un stigmate évident de cette propension extrême à l'ordre que l'on reproche aux Japonais ; mais personnellement, j'ai un assez mauvais souvenir des trains sncf qui ne s'arrêtent jamais au même endroit du quai, des voitures tantôt numérotées à l'endroit ou l'envers et si possible, toujours de façon à ce que vous ayez à traverser tout le quai de la gare en longueur.
Enfin, détail pratique non négligeable, vous pouvez avoir une carte d'abonnement et même un seul ticket qui vous permette de transiter dans un même parcours sur 3 types de lignes à la fois. Je sais pas comment ils s'arrangent pour partager les sous entre eux, mais c'est quand même bien. De plus, la carte d'abonnement sert aussi de porte-monnaie et si vous mettez de l'argent en plus dessus, vous pourrez faire vos courses aux combinis et dans plein d'autres magasins proches des gares.
Au final, je me demande si cette peinture globale donne envie ou pas d'utiliser les transports japonais. Comme j'ai quand même envie de vous convaincre, j'ajouterai un dernier argument en leur faveur : tout est extrêmement propre, comme d'ailleurs l'ensemble des rues au Japon. Pas de papiers gras, de mégots ou d'urine sur les murs... et ça a son charme, quand même !