Ce soir j'avais juste envie de dire des bêtises, sans savoir à qui les dire vraiment. Qui ça intéresserait ? Qui en serait touché ? Qui serait à la (bonne) hauteur ? Les petites choses sont fragiles, elles survivent mal au dédain, elles survivent mal aux grandes difficultés de la vie que nous traversons, pensons-nous, vaillamment. Les petites choses sont là pour les yeux qui les voient en fouillant l'horizon, pour les idées désoeuvrées qui se traînent à la cime des arbres en cherchant un petit peu de quoi s'égayer. Ce soir je courais dans le parc, il y avait l'odeur de l'herbe mouillée, et des pétales de fleurs blanches écrasés dans le sable du chemin, et l'eau sombre et miroitante de cette sorte de mare, troublée de temps en temps par les cercles de poissons venant s'abreuver d'air. Et le soleil tapait un peu sur mon visage, et les feuilles de cet arbre à la forme si étrange et si nette, si vertes. Un érable ?
J'aime bien l'oblicité du soleil du soir, et la texture plastique de l'herbe fraîche quand on emmêle ses doigts le long des tiges. J'aime avoir l'impression d'échapper au temps - j'aime le fait d'être capable de succomber à l'illusion. Marcher en laissant beaucoup balancer ses bras le long du corps, et regarder son ombre osciller sur le bord du trottoir. Les petites choses ont l'air toutes bêtes quand on les empile ; probablement se vivent et ne se disent que très peu. Mais elles se partagent et un instant, je me suis sentie vraiment triste d'être seule à les recueillir.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire