... il y a tant de réflexions, de menus machins bordéliques, pensées entremêlées de sons et lumières, flash du passé, espoirs sordides, questionnements et hésitations ; dans ma tête.
Il faut dire que quand il s'agit d'émotion, je ne maîtrise plus grande chose, je ne tends plus vers rien et... tiens, je ne suis tellement pas la seule ! Quel manque crucial d'originalité.
Réflexion que je me fais, cette après midi 14h37 (alentours), sur une route de campagne qui me ramène du boulot en écoutant France Inter (et une écrivaine qui sert un discours terriblement lassant, ressassé, sur des relations de couple etc.) : pourquoi les gens un tant soit peu intelligents qui ont un quelconque problème versent-ils dans l'autoanalyse écrite ? Quel manque d'originalité.
Nous sommes tous là, un journal intime, des feuillets sans nom, un blog livré en patûre à la blogosphère et j'en passe ; à la recherche d'un support pour raconter notre vie et nous plaire à nous y complaire en pensant que cela pourrait intéresser... qui ?
Qui cela pourrait-il bien intéresser de lire les déboires et la fierté affichée de pauvres mal adaptés qui s'imaginent plus profonds qu'ils ne le sont ? Eh bien, les semblables. Les autres occupés à se triturer le cerveau à coup de belles phrases incompréhensibles (il est plus sûr de faire du beau lorsque l'on se départit du sens) : des hameçons à poissons morts.
Il suffit de se rappeler, Librisme, ce réservoir de gens à problèmes heureux de se retrouver entre eux et gratouiller leurs blessures, pour voir, à quel point on se ressemble, tu penses, est-ce que ta souffrance pourrait se coller à la mienne, et d'où un immensément fragile puzzle de pièces mal engoncées, je t'aime, moi non plus, toi oui, mais encore... et vogue le temps et les phases de joie excessives, et de destruction massive...
Via les mots et le ô vénéré support virtuel.
Et dire que cela aurait pu être tellement beau... mais les gens à problèmes sont des gens étriqués peu enclins à se poser les questions nécessaires quand il est temps. Mieux vaut tout poser, tout superposer, équilibrer à force de béquilles vacillantes, jusqu'au jour où tout s'écroule et où l'on se dit qu'il aurait fallu commencer par l'autre bout. Et nous recommencerons ? Ah, mes semblables ! On ne s'y noiera jamais assez.
02 août 2009
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2 commentaires:
Dans un élan de cynisme, je pourrais dire que ce que je retiens de l'histoire, c'est que tu rentres du boulot à 14h37, veinarde.
Plus sérieusement, ce que tu dis est terriblement vrai.
Mais tant qu'on est conscient de cette situation, why not ?
"pourquoi pas" ?
Eh bien, parce que je pense qu'on est en pas vraiment conscient, malgré toute notre bonne volonté ; quelque part, il faut être "à fond" dans ce type de confidence pour qu'elles jouent le rôle (malsain) qu'on en attend... même si on peut être lucide après coup.
Plus largement, parce que c'est un jeu dangereux que de partager ses blessures trop profondément et rapidement, simplement parce qu'on dispose d'un moyen facile. C'est illusoire, parce que les relations humaines sont trop fragiles pour débuter de cette manière là. Parce que ça fait violemment rêver, mais que souvent, c'est bien trop violent et qu'on finit par tomber au moins aussi bas.
Il faut être précautionneux dans le partage de ses souvenirs difficiles, et ne pas leur laisser trop de place ; mal utilisés, ils ont plus de chance de détruire que de nourrir convenablement des relations naissantes.
PS: je rentre du boulot à 14h37 quand je commence à 6h :)
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