26 octobre 2008

Nihon no tabemono (Foods)

Comme pour tout voyage dans une culture assez différente, une grande partie de mes découvertes japonaises sont liées à la nourriture. Contrairement à ce que pensent les trois quarts des Français qui m’en parlent, on ne mange pas au Japon que du riz et du poisson. Certes on mange du riz presque tout le temps, mais il s’agit d’un accompagnement. Quant au poisson, c’est vrai que les sashimi et autres sushi y reviennent bien moins cher qu’en France, mais on trouve tout un tas d’autres choses moins connues et tout aussi exotiques.

Ocha, gohan & miso soup

Voilà ce qui constitue les constantes du repas japonais ; c’est au moins vrai pour les repas de midi et du soir, le petit-déjeuner semblant varier selon les goûts de chacun. Tout repas comporte un plat principal (légumes, viande, poisson ou autre), un bol de miso soup (bouillon dans lequel peuvent flotter différents ingrédients), un bol de riz rond et gluant (gohan en japonais, et je tiens à préciser que je suis amoureuse de ce riz et assez triste de ne pas en trouver dans nos supermarchés français), et comme boisson, du thé sans sucre que l’on peut boire glacé ou chaud.


Noodles

Passons aux spécialités locales : les Japonais sont de grands fans de nouilles, toujours servies avec une garniture dans un bouillon brûlant. C’est particulièrement le cas à Hokkaido, qui, en tant que région froide, est spécialiste du ramen – nouilles blanches assez fines, agrémentées généralement d’œufs, tranches de porc, algues et autres spécimens végétaux dont je ne connais pas le nom. Il y a autant de ramen shops à Hokkaido que de kebabs à Marseille, pour vous donner une idée : autant dire qu’on ne peut pas les éviter ! A noter que la taille des bols est souvent impressionnante et que l’Occidentale que je suis n’est jamais parvenue à terminer le bouillon. En tous cas, on est rassasié en sortant de table, aucune inquiétude de ce côté-là.

Autre type de nouilles, les udon, beaucoup plus épaisses, se mangent sur le même mode mais généralement avec des tempura (beignets de légumes, de crevettes ou de viande), d’ailleurs les beignets trempés dans le bouillon ce n’est pas ce qu’il y a de plus génial…

Enfin, il y a aussi les soba, spécialité justement de Shintoku, la ville où j’ai passé deux semaines à la ferme. La différence, c’est que les soba sont faites non pas de farine de blé comme les autres nouilles, mais d’une farine noire que l’on obtient à partir de graines de soba. J’ai eu l’immense privilège de contribuer pendant deux jours à la récolte de la production locale de soba et je peux affirmer que c’est terriblement répétitif et usant ! Mais le jeu en vaut la chandelle car les soba kick the ass of the other nouilles. C’est vraiment un goût particulier, très bon.

Evidemment, cela va sans dire, tout cela se mange avec des baguettes : on pince tant bien que mal un groupe de nouilles que l’on porte à sa bouche et que l’on aspire assez inélégamment directement dans le bol, ce qui fait beaucoup de bruit et personnellement, je n’ai pas encore trouvé la technique pour ne pas me brûler la langue…


Butadon

Le butadon est un plat consistant en des lamelles de porc grillés, marinés dans une sauce « sweet and sour », servies sur du riz (buta veut dire viande de porc et le préfixe –don illustre le fait que ce soit sur le riz). C’est un plat vraiment pas très cher (5€ en moyenne au restaurant, et encore, miso soup et autre side dishes inclus), très commun et vraiment délicieux, autant dire que j’en ai usé et abusé !


Yakiniku

Toujours dans la série « viandes », le yakiniku. Ce n’est pas vraiment un plat, plutôt un concept : c’est le barbecue japonais. A l’inverse de la France où on vous grillerait la viande en cuisine, les restaurants de yakiniku proposent des tables avec un petit barbecue encastré. La viande (généralement bœuf ou agneau, d’ailleurs l’agneau est très prisé à Hokkaido, bien que toujours beaucoup moins cher que chez nous !) est servie crue, en en morceaux émincés, que l’on fait cuire soi-même, et que l’on mange après les avoir trempés dans une sauce assez salée dont je ne connais pas le nom. D’une, c’est amusant, et de deux, c’est délicieux (il faut voir aussi la quantité de viande que l’on peut obtenir pour moins de 10€ !)


Kattedon

A priori, le kattedon est quelque chose que l’on ne mange qu’à Hokkaido, et plus spécialement à Kushiro, dont le Fish Market est célèbre pour cette spécialité. Comme son étymologie l’indique, si vous suivez un peu, le kattedon consiste en un bol de riz… surmonté de sashimi. Pour mieux vous expliquer, vous rentrez dans le Fish Market où partout autour de vous s’étalent des crabes à demi-vivants et autres bêtes fraîchement issues des fonds marins ; dans un coin, un stand propose (entre autres choses) des bols de riz (d’au moins 5 tailles différentes). Après avoir acheté le riz au format désiré, vous vous dirigez vers le centre du Market ou se trouvent un certain nombre de tables, entourées d’étalages proposant diverses sortes de sashimi ; et vous choisissez, à l’unité, tous les poissons ou autres animaux crus que vous désirez, jusqu’à remplir votre bol. Ensuite, vous dégustez, avec sauce soja en prime. Pour environ 7€, j’ai pu tester une dizaine de poissons différents (dont, évidemment, je connais pas le nom) : une expérience grandissime par le goût !


Okonomiyaki

Les okonomiyaki sont des sortes de grosses crêpes dont la pâte contient des oignons, du chou et du fromage (optionnel), que l’on mange assaisonnée avec de la mayonnaise et une sauce marron, salée, qui est spécialement destinée aux okonomiyaki. C’est une spécialité du Kansai, la région de Honshu où se trouvent Osaka et Kyoto. Mes amis japonais du workcamp en avaient préparés pour notre fête de départ, mais ils n’ont cessé de répéter que leurs okonomiyaki étaient beaucoup moins bons que les « vrais ». En tous cas, ce n’était pas mauvais du tout !


Okashi (Sweets)

A mon grand désarroi, le concept de dessert est absent du quotidien japonais. Les repas comportent rarement de composante sucrée, sauf exception ; et si c’est le cas, on mange le sucré alternativement avec les autres composantes salées (très bizarre, et il m’a fallu un petit temps d’adaptation !). Cela ne veut pas pour autant dire que les Japonais dédaignent les sucreries ; on peut en effet trouver pas mal de pâtisseries et tous les convini possèdent un rayon entier de chocolats et de bonbons (leur chocolat n’a d’ailleurs pas le même goût qu’en France et honnêtement je préfère le nôtre).

Parmi les gourmandises hautement populaires, on trouve les soft cream, qui ne sont rien d’autre que les glaces à l’italienne de chez nous ; à la différence qu’on trouve des parfums insolites comme « daizu » (haricots rouges) « raisin de montagne », ou encore « Hokkaido milk ». En tous cas, tous les jeunes Japonais qui participaient au workcamp avec moi en étaient absolument fans !

Les sucreries les plus typiquement japonaises que j’aie goûté sont les mochi (gâteaux de riz) ; j’en ai d’ailleurs ramené à toute ma famille ! Il s’agit de boules de pâte très molle faites à base de farine de riz, d’une consistance étonnamment élastique, et fourrées de toutes sortes de garnitures ; les plus communes étant garnies de daizu. Vraiment très particulier mais assez bon, une fois passée la drôle de première impression laissée par la texture !

Autres friandises, les dango sont également préparées à base de farine de riz. A vrai dire, la première fois que j’en ai vu, j’ai voulu essayer ; leur forme est tellement jolie et appétissante ! Je pensais plutôt que c’était quelque chose de salé, en fait pas du tout : il s’agit d’une pâte très moelleuse et légèrement sucrée, qui s’apparente un peu aux marshmallows, recouverte d’une sauce caramélisée. Le tout est servi chaud. Délicieux !


Itadakimasu !!!

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