Soudain une question me vient à l’esprit : pourquoi, depuis que je m’intéresse d’assez près aux causes et aux enjeux de l’égalité des sexes, me suis-je (re)mise à porter des vêtements de sport ? On pourrait me répondre spontanément, consciemment ou inconsciemment tu cherches à ressembler à un garçon, tu recherches une idée d’égalité à travers un déni apparent de ta spécificité féminine (ce qui correspondrait à la définition du féminisme universaliste, d’après ce que j’ai compris). Sensé, mais faux.
Car je regarde encore une fois mes chaussures et mon sweat, et ils ne ressemblent pas à un garçon ; ils ne ressemblent à rien de proprement sexué, en fait. Ils ne portent pas de signe de genre. Ils sont neutres, plus ou moins. Voilà qui constitue peut-être un indice pour répondre à ma question première.
J’observe cette fois les hommes autour de moi. L’un d’entre eux seulement, un gros sac de sport à ses pieds, porte des baskets et un survêtement. Les autres portent des costumes de citadins, sobres, sombres, simples, et définitivement masculins - il ne me viendrait d’ailleurs nullement à l’esprit d’essayer de porter des fringues pareilles.
Cela dit, effectivement, dans ma conception (actuelle du moins) des choses, l’égalité des sexes passe par une certaine neutralité, une élimination des signes de genre, et a fortiori de ceux superficiels et inutiles.
Certains s’écrieront que ma vision est totalitaire et va à l’encontre de la diversité, si cotée de nos jours, qui fait la richesse de l’humanité - cette même humanité qui fait plutôt le malheur des femmes, aujourd’hui et depuis bien longtemps (cela dit).
Mais tentons d’être un peu rationnels ; cette diversité de genre est inébranlable, sauf mutilations volontaires ; un homme restera toujours différent d’une femme, quels que soient les parures et les comportements arborés. Il me semble (en simplifiant) que cette différence profondément biologique n’a pas besoin d’être creusée davantage - c’est le principe même de la notion d’équilibre : un peu, mais pas trop ; et cela s’applique aux « différences » comme à bien d’autres choses.
Je me contenterai donc pour contrer cet argument spontané de poser une autre petite question : y a-t-il une qualité spécifiquement féminine qui soit socialement valorisée ? Si vous cherchez un peu, des termes tels que douceur, sensibilité vont vous venir à l’esprit. Je me permettrai alors d’insister sur le « spécifiquement » de ma question. La douceur et la sensibilité sont des qualités très répandues chez bon nombres d’hommes (et heureusement), et même si ce n’est pas la première facette qu’ils mettraient en avant (l’idéal de virilité planant toujours au-dessus de la personne sociale), il suffit de creuser un peu la carapace pour que ce genre de qualité se dévoile. Ce n’est pas spécifiquement féminin.
En vérité, je crois que je pars du principe que les filles et les garçons ne sont pas si différents qu’on veut bien le croire. Il ne pourraient être de parfaits semblables - tout simplement parce que l’être se définit de façon très importante par rapport à son acquis, bien plus que son inné, et que les différences indéniables d’expérience personnelle, ne serait-ce que liées à leurs particularités anatomiques, leur confèrent plus ou moins sensiblement des aspirations ou des désirs différents. Soit. Mais partant de ce constat, il me semble que les êtres humains, masculins ou féminins, peuvent cheminer dans l’existence sur des voies très proches ; encore faut-il le vouloir, encore faut-il préférer le rapprochement à l’exacerbation des différences. Il faut reconnaître que le choix des sociétés patriarcales semble pencher fortement vers le camp de la différence, et évidemment, toujours au détriment des femmes, confinées à des valeurs généralement socialement mal considérées, apparentées à une idée générale de faiblesse et insensiblement amenées à s’y complaire. Les sociétés les plus ouvertement patriarcales et les plus inégalitaires en matière de sexe sont d’ailleurs celles où féminin et masculin sont le plus distingués, dans la sphère privée comme publique, dans la dimension morale comme dans la dimension physique - on peut citer, en toute facilité, l’exemple éclatant de par son archaïsme revendiqué de l’Arabie Saoudite contemporaine.
Passons. Mon point est que trop de différence nuit à l’égalité. Quels sont donc les vecteurs permettant de placer garçons et filles dans un univers de mixité égalitaire, atténuant le trop plein de différence socialement encouragés ?
Pour moi, le sport en est un. Et un excellent, car déjà en place, un peu partout, petites bulles d’oxygène dans l’atmosphère ambiante du patriarcat. Oui, le sport m’apparaît doté d’un potentiel extraordinaire en matière d’évolution vers l’égalité des sexes. A tel point que je m’étonne de n’avoir encore rien lu à ce sujet - on a bien dû déjà en parler quelque part, mais pas une bribe n’est en tous cas tombée entre mes mains, qui farfouillent pourtant beaucoup dans la littérature touchant à ce domaine.
Pourtant, cette idée demeure paradoxale car c’est à travers le sport - qui englobe non seulement l’effort physique mais aussi le système de valorisation qui lui est attaché, compétition et récompenses - que s’exprime le plus brutalement et ouvertement l’inégalité indéniable entre hommes et femmes : la différence de force physique.
Mais après acceptation de leurs capacités respectives, garçons et filles recherchent chacun de meilleur d’eux-mêmes ; et bien que dans n’importe quelle discipline sportive, ils soient amenés à concourir dans des catégories spécifiques, ils en viennent à se considérer plus ou moins comme des rivaux. Au sens où leur estime réciproque se base davantage sur leurs performances que sur d’autres critères, plus aléatoires.
En effet, s’il ne semble pas inhabituel pour un homme d’être jugé par rapport à ses capacités en matière de puissance physique ou d’adresse, cela l’est bien davantage pour une fille. En résumé, l’expérience sportive offre à ces dernières l’opportunité d’être jugées pour, et appréciées par rapport à ce qu’elles sont capables de réaliser, et non plus sur des critères arbitraires et passifs telle que la « beauté » - prétendue qualité qui, bien trop souvent, apparaît comme condition essentielle de la valeur d’une femme.
Pénétrer le milieu sportif et s’y adapter est peut-être se conformer à une norme masculine, entrer dans un système de valeurs masculin ; mais, indéniablement, cela permet aux filles de jouir d’une véritable considération pour leur talent. (Sur ce point, un argument très pertinent m’a été opposé, consistant en ce qu’il en était de même dans d’autres situations où les femmes comme les hommes étaient amenées à créer, dans le domaine de l’art par exemple ; sur le moment, j’avais eu du mal à exprimer le cas particulier que l’environnement sportif constituait à mes yeux. Une lecture très intéressante faite par la suite m’aura aidé à préciser ce point, à savoir que le sport offre « en plus » une expérience de distanciation vis-à-vis du rapport féminin habituel au corps ; corps qui, à travers l’effort physique, acquiert une dimension active plutôt que passive et devient appréciable pour ce motif. Je donnerai plus de détails là-dessus dans un prochain article.)
Ce qu’il me semble entrevoir à travers cet exemple sportif, c’est que l’accès vers plus d’égalité passe par une interpénétration des univers et systèmes de valeurs dits masculins et féminins. Mais, étant donné que des deux, le système considéré comme socialement supérieur est le système masculin, peut-être que cette interpénétration doit être à l’initiative des femmes. Puisque ce sont les critères masculins qui sont socialement valorisés, l’erreur serait à mon avis de refuser aux femmes de se mesurer selon ces critères, alors que rien ne les en empêche réellement ; et c’est ce qu’elles font déjà dans les milieux sportifs. Avec tout ce que ce milieu implique de connivence, de solidarité, de camaraderie, de convivialité et de défi mutuel entre ses acteurs. En somme, le sport rapproche les hommes et les femmes au plus près, en se basant ouvertement sur leur différence la plus fondamentale ; et c’est pourquoi, à mon sens, il s’agit d’un magnifique modèle social.

6 commentaires:
Le sport atténue les différences?
Hum... bof.
C'est la honte pour un mec d'être battu par une fille. Joue au foot et fais un petit pont à un mec: tu vas sentir la différence. Non seulement c'est la ruine de se faire dribbler, mais se faire dribbler par une fille...!
Une fille n'est-elle pas apte à dribbler un mec? Serait-elle moins maligne, moins stratégique, moins... performante?
En matière de force physique, oui. Tu l'as dit, d'ailleurs. C'est pour ça que les perfs attendues de la part des filles sont différentes de celles des gars.
Mixité, mais mixité partagée. Chacun fait son sport avec sa catégorie sexuelle. On se dépasse tous, mais... différemment.
Combien gagne un joueur de foot pro?
Combien gagne une joueuse de foot pro?
Pourquoi dans les clubs amateurs, on donne des primes de match à des mecs qui sillonnent les bas fonds du classement?
Et pourquoi on ignore complètement l'équipe féminine, même catégorie d'âge, et meilleurs résultats?
Une différence toute conne: le fric. Et tiens... ça se retrouve aussi dans toute la société: les mecs sont payés plus, pour la même chose.
Le sport n'est qu'une illustration parmi tant d'autres de l'inégalité homme-femme. Même motivation, mais pas les mêmes chances.
Je ne pense pas que les hommes et les femmes sont "si proches" que ce que tu avances. Hormis la différence basique anatomique, tu as aussi une somme de choses qui les séparent. A commencer par le langage. Pourquoi en orthophonie on est 95% de femmes?
Pourtant, le langage est accessible à tout le monde, indifféremment des sexes. C'est l'une des premières fonctions qu'on développe. Les gars et les filles gazouillent, babillent en même temps. Tout le monde se tape la conjugaison et la grammaire à l'école.
Pourquoi au final les femmes se tournent vers un métier axé sur la communication, et pas les hommes?
Je pense qu'on est différents anatomiquement et "fonctionnellement" parlant. Ce que tu critiques, à mon avis, c'est l'aspect "environnemental", c'est-à-dire notre manière d'accentuer une différence de base. Par l'éducation, l'attribution des rôles (question de société et de culture), le conditionnement (couleurs rose/bleu, jouets poupée/voiture), les vêtements (on verra jamais un mec avec un décolleté plongeant... enfin, un mec hétéro), bref, une somme de choses qui déforment la différence.
Le problème de fond, ce n'est pas la différence. C'est ce qu'on fait de cette différence, notre interprétation, en somme.
Il n'y aura jamais d'égalité entre l'homme et la femme pour la bonne et simple raison que ce n'est pas mathématiquement possible! Si on représentait l'humanité H par une équation, on aurait une somme de x et de y, représentant respectivement les femmes et les hommes. L'humanité n'étant pas un résultat nul, x ne peut pas égaler y. Ce sont des entités différentes! Pour résoudre H = x+y, on a besoin d'un système à deux inconnues, où l'on résoudra x et y, séparément!
Ce que j'essaye de dire, c'est qu'on ne peut pas poser d'égalité à partir du moment où il y a différence. Une pomme n'égale pas une orange. Pourtant, la pomme n'est pas inférieure à l'orange. Sur quels critères de jugement pourrait-on se fixer? La pomme est plus ferme, l'orange plus tendre? La pomme est plus sucrée, l'orange plus acide? A condition que toutes les pommes soient pareilles, et toutes les oranges aussi, parce qu'au sein même de la famille des pommes, il y a une infinité de pommes avec des peaux, des pH différents...!
Pour moi, l'égalité homme-femme est une belle connerie, une utopie, et surtout, une idée inadéquate. L'égalité n'a pas lieu d'être dans cette histoire, parce qu'on n'a rien de commun à comparer. Aucun critère.
Les salaires de l'homme et de la femme ne sont pas égaux. Le pouvoir de l'homme et de la femme n'est pas proportionné. La sécurité de l'homme seul dans la rue la nuit et celle de la femme ne sont égaux. On est d'accord, là dessus. Mais là, on est dans un contexte sociétal. Ce sont des différences qu'on mesure en regard des autres. Des facteurs extrinsèques, en somme.
On a mal exploité la différence homme-femme. Il y aurait dû avoir complémentarité. Au lieu de ça, on a recherché la domination.
La domination, la soif de pouvoir, c'est une caractéristique spécifiquement humaine. L'Homme est un loup pour l'Homme. C'est peut-être l'une des seules choses que nous avons tous en commun. L'homme s'impose par sa force. La femme, par la séduction. Là encore, on est différents.
Je pourrais continuer, et te dire que la femme sait dominer. La femme a une capactié d'influence que l'homme n'a pas. La femme sait captiver, elle sait « faire croire ». L'homme en est incapable.
Alors pourquoi ne s'impose-t-elle pas?
Pour des stupidités toutes bêtes, primitives, basiques: la différence de force physique, jamais aussi bien illustrée que par les pratiques sportives.
Bref, je vais conclure, hein, faut bien. Si on n'accède pas à l'égalité homme-femme, c'est tout simplement parce que l'homme et la femme n'ont rien de comparable. On est différents. La différence ne s'évalue pas, elle ne se mesure pas en terme d'égalité. Et la réduire serait nier notre identité, notre essence, notre manière de fonctionner, indépendamment de tout contexte.
Si on ne peut pas agir sur la différence intrinsèque, on peut en revanche modifier les mauvaises interprétations de la société (avec beaucoup de volonté et d'effort, parce qu'une mentalité, ça change pas comme ça...). Pas en niant l'utilité d'un soutien-gorge (qui nous épargne bien des souffrances, sur un terrain de foot), mais en refusant la domination: l'homme n'est pas supérieur à la femme. Il est son complément. L'homme doit respecter la femme et vice versa parce que c'est un droit (et un devoir) humain. On peut agir sur l'éducation, en donnant le choix aux enfants: jouer aux voiture, aux poupées, laisser les garçons pleurer, laisser les filles grimper aux arbres, laisser les gars faire de la danse et les filles de la boxe...
En bref, reconnaître la vraie différence et l'utiliser à bon escient. On pourrait faire un maximum de choses si on s'entendait avec les mecs. Leur manière de cogiter et la notre sont riches!
Un peu moins de féminisme , un peu moins de machisme, un peu plus d'intelligence. Le fonctionnement neuronal est le même, chez l'homme et chez la femme!
Ma chère Flo (ravie de te voir répondre si promptement et complètement... avant tout^^),
Ce que tu nommes utopie égalitaire repose tout au plus sur un problème de vocabulaire. Egalité ne veut pas dire égalité au sens mathématique. Egalité ne veut pas dire semblable (il me semble que je le dis). Egalité veut dire même considération sociale, mêmes opportunités ; ce que tu dénonces semble-t-il plutôt amèrement, et c'est normal, en parlant de salaires et de rémunération sportive.
Ton interprétation mathématique est elle même fausse... si x = y, l'équation H = x + y est loin d'être nulle... par contre x - y = 0 et inversement ; cette égalité-là est vraie ; sans hommes pas de femmes et sans femmes pas d'hommes, pas d'humanité.
On peut être différents et égaux ; égaux en droit, en dignité, en intégrité ; mieux, on le doit.
Hommes et femmes doivent POUVOIR faire les mêmes choses sans entraves sociales. Ce qu'ils VEULENT ne me regarde pas, du moment qu'ils partent des bases les plus libres possibles.
Tu dis que les femmes et les hommes n'ont RIEN de commun à comparer. Waow... il n'y a pas que moi dans le genre extrémiste. On a plus de choses à comparer que de choses incomparables ! C'est pour ça qu'on peut s'aimer, se respecter, partager des choses, et vivre des sensations ensemble ; du moment que l'on se considère un tant soit peu "également".
"L'homme s'impose par sa force. La femme, par la séduction. Là encore, on est différents."
C'est très très bestial cela... très "théorie naturaliste de l'instinct"... très fille passive exploitant son apparence, homme hormonal investi de pulsions... je trouve ca naze car ça impliquerait que personne n'utiliserait (ou presque) son cerveau dans l'affaire. Pitié ! Nous sommes des êtres sensibles et intelligents. Il n'y a pas que la soif de pouvoir qui nous différencie des animaux...
Tous tes postulats me semblent faux, en fait, et pourtant, ta conclusion me convient parfaitement. (Sauf peut-être cette antagonisme féminisme-machisme. Je ferai remarquer que le terme féminisme est extrêmement utilisé à mauvais escient. Un féminisme qui consisterait à dire "les hommes sont des crétins", et qui serait pour le coup l'équivalent féminin du machisme, serait absolument idiot. Le féminisme est un mot très très large qui regroupe énormément de recherches passionnantes et de personnes exceptionnelles. Le féminisme est une volonté de faire avancer les choses, pas une idéologie, avec ses excentricités que l'on peut condamner, c'est vrai. Le machisme n'est rien de tout ça. Attzention aux mots...)
Bref, Flo, au final nos idées diffèrent mais on est d'accord sur l'essentiel ; un peu de différence, mais pas trop, et c'est pour ça qu'on s'entend bien ;-)
Voilà pour le général. Venons en au particulier du sport, pour conclure.
Ton approche du sport est très différente de la mienne et c'est tout à fait compréhensible. Parce que tu évolues dans un sport d'équipe (ce qui implique une séparation quasi-totale des filles et des garçons) et parce qu'il y a dans le foot cette grande emprise du fric, avec cette déconsidération du sport féminin dont tu parles.
Je suis d'accord, et je trouve ça déplorable. La dimension de premier sport national du foot en fait quelque chose de très à part avec plein de facettes détestables ; trafics en tout genre, patriotisme agressif, etc.
Mais il en est autrement pour bien d'autres sports. Je fais du kayak (...) ; on s'entraîne ensemble, on se change ensemble, on dort ensemble, on prépare nos courses ensemble, on stresse ensemble le même jour, on fait les mêmes erreurs, ou pas ; on partage tout. Et le fait d'être une fille ou un garçon n'a plus beaucoup d'importance, les garçons n'ont pas honte d'avoir raté la porte que les filles ont réussi à passer. Ils sont juste dégoûtés de l'avoir ratée...
Et en dehors du kayak, il y a bien d'autres exemples ; je bats des gars au badminton, parfois c'est eux ; et bien on se défie, et personne ne vit l'humiliation de sa vie...
Enfin, tout cela repose sur une part empirique aussi ; la relation que j'ai avec des garçons en milieu sportif est différente. On est plus proches, on est sans complexes, on se considère comme un groupe. On est amis, copains, confidents, sans préférence. On choisit juste qui embrasser lors des soirées trop alcoolisées... comme partout ! ;-)
les filles, vous êtes super intéressantes.
Les postulats de Flo ne m'ont pas l'air d'être absolument absurdes, en ce sens que je conçois tout à fait qu'il y a pas de point de comparaison entre hommes et femmes, dans une étude qualitative (genre y'en a un qu'est mieux qu'l'autre). [la pomme et la poire j'ai adoré. A-DO-RE]
Mais il y a des points de comparaison objectif sur l'acceuil -la reconnaissance- sociale. Et là la question des salaires m'a l'air déterminante.
Enfin. J'étais surtout là pour vous apporter mon expérience dans le sport, car j'ai joué en équipe mixte. Donc équipe, comme Flo; mais pas scindée selon les sexes, comme Fanny.
Un mix des deux.
C'était du Rink-hockey, une version fair play du hockey (pas de contrainte physique autorisée), sur quads.
On était deux filles dans une équipe de mec, à l'adolescence.
On a joué contre des équipes composées exclusivement d'hommes le plus souvent.
Et bien je n'ai pas du tout ressenti un quelconque mépris, pas du tout.
Au contraire.
Il y avait une sorte de fierté, pour l'équipe, d'avoir des filles. Et donc on nous faisait jouer plus que de raison (parce que faut pas déconner, il y avait des mecs dans cette équipe qui étaient super forts, et qui devaient parfois céder leur place sur le terrain pour nous..).
Par contre effectivement, une sorte d'a priori de nullité. Je veux dire de la part des adversaires. Très souvent (je crois presque tous les joueurs, franchement) ils ne se méfiaient pas. Par exemple ils nous faisaient marquer par les moins bons éléments de leur équipe. Ou arrivait en face-à-face avec dédain, genre "easy".
Mais toujours prompt à reconnaître qu'effectivement on était tout aussi apte qu'eux.
Pas de honte à être battu par des filles, non je ne crois pas.
Une rage d'être battu, évidemment, la compét c'est la compét; mais je n'ai jamais eu l'impression que c'était lié au sexe des gagnants (es).
Donc la thèse de Fanny selon laquelle le sport donne des opportunités m'a l'air assez correcte, au niveau puremment humain (donc au-delà des problèmes d'audience et de salaire des joueurs, Flo). Le sport te permet d'être face à un homme, et de montrer que tu peux jouer comme lui.
Et démontrer objectivement que qualitativement on a bien des ressemblances. Sans pour autant pouvoir établir de point de comparaison formels.
p.s. merci pour ce moment de réflexion. A toutes les deux.
Eh bien, merci à vous les filles^^
Puisqu'il semble que sur ce blog les discussions soient lancées sur le mode du ménage à trois, je suis bien contente que ce soit avec vous, vous avez toujours quelque chose à m'apprendre d'intéressant ; je vous lâcherai pas de sitôt !
Sinon, Louise, je trouve que ton expérience de sport mixte en équipe est plutôt originale, c'est quelque chose qui doit pas se faire beaucoup, et j'imagine que par rapport à mon sujet, ça doit être enrichissant...
Dommage que ça ne soit pas plus répandu. J'ai de bons souvenirs des sports co à l'école, et je crois que ça m'aurait moins plus si on avait dû nous ranger "entre filles". Bien sûr, il fallait toujours passer par une phase où on devait montrer qu'on était d'acceptables coéquipières, mais après ça, ça se passait plutôt bien. Et il serait même difficile d'en blâmer les garçons, car de ce que je me rappelle du collège ou du lycée, pas mal de filles se contentaient de décorer le terrain en attendant que l'heure passe. Bref^^
Je vous remercie, donc. Mon seul regret étant de ne pas avoir de point de vue masculin...
Fanny, ton blog me passionne.En effet je m'intéresse de près à la condition des femmes.
Alors... C'est vrai que le sport féminin n'est pas autant reconnu que le sport masculin. A part quelques disciplines dans lesquelles on leur reconnaît une légitimité: athlétisme,natation,
gymnastique,ski,tennis...plus difficilement dans les sports collectifs et quand on n'émet pas des doutes sur leur ...féminité!
C'est vrai que les sports pratiqués en club ne sont pas souvent mixtes.Pourtant il y a des clubs mixtes: kayaks, athlétismes et d'autres surement et puis à l'école (ok j'le dis je suis enseignante. Nobody is perfect!)
le sport se pratique et doit se pratiquer de façon mixte! Parce que là on va permettre aux filles et aux garçons de se découvrir en se respectant (là c'est le rôle de l'enseignant d'y veiller!)Je ne vais pas développer ce serai trop long mais je crois aux vertus du sport dans le processus de réconciliation filles garçons.A part ça j'ai compris ,après avoir entendu toute mon enfance que j'étais un garçon manqué (ma pauv'maman une seule fille qui joue au foot!et le copain dans le bac à sable au CE1 "Toi t'es un garçon manqué t'es toujours en survêtement") j'ai compris donc qu'on n'est pas obligée de choisir son camp sportive ou féminine. Pourquoi devrait-on cacher notre féminité? Par peur d'exciter les hommes qui ne pensent qu'à ça? (pas tous, pas tout le temps) Dans ce cas là vive la burka et autres tenues camouflage! Non ce n'est pas parce qu'une fille est sexy que c'est "journée ou soirée porte ouverte!" Des femmes se sont battues pour ça? même si loin des années 70 on retombe dans un rapport au corps féminin complètement perverti par le religieux et la pornographie ambiants.
Quant à la tenue vestimentaire et pour finir j'ai séduit mon mari en tenue de sport (j'ai pas fait exprès!) Alors garçon manqué mon C...
Fabienne
Point de vu masculin:
Accepter qu'une fille soit plus brillante qu'un homme dans une ou plusieurs activités sportives ou non ne m'a jamais posé de problèmes particuliers.
Désolé mais je pense qu'il s'agit d'une question d'éducation.
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