20 juin 2010

Porn ?

Comme pour beaucoup de produits, c'est toujours amusant de voir comment la mise en page des bouquins peut changer, d'un pays à l'autre. Je détestais la mise en page britannique : poches trop gros, gros caractères en surbrillance pour les titres, j'avais toujours l'impression de lire un bestseller. Je préfère de loin la présentation discrète des Folio français, avec leur uniformité, leur couverture lisse, et leurs illustrations quelque peu mystérieuses.

En bonne lectrice internationale, je me demandais donc ce qu'il en serait des livres nippons. Première bonne surprise : par bonheur, la grossièreté anglo-saxonne nous est épargnée. Et, en bons Japonais soucieux de n'occuper que ce qu'il faut d'espace, les poches sont vraiment petits, fins, bref pratiques. Ils ont la spécificité d'avoir une double couverture (comme les brochés chez nous), un peu inutile mais bon joli.

Cependant, à la caisse d'une librairie et sur le point de m'offrir mon premier poche en VO, je découvre une spécificité supplémentaire. Lors de mon achat, je fais savoir à la caissière que je n'ai pas besoin de sac plastique, et là, elle me brandit une sorte de couverture de livre, me demandant si ça, je le veux. Intriguée, je répond oui. Et voilà que mon petit livre se retrouve affublée d'une seconde couverture, sur laquelle se trouvent des messages anti-tabac...

A quoi peut bien servir cette seconde couverture ? Avant d'examiner précisément la chose, j'imagine qu'il s'agit de quelque chose supposé protéger le livre, de la pluie, ou de je ne sais quoi dans le genre. Mais à bien observer le comportement de mes voisins dans le métro, je me rends compte que presque tous lisent des livres cachés par ces doubles couvertures (car le Japonais dans le métro, assis, debout, écrasé en heure de pointe, est imperturbable ; il dort ou il lit). Je conçois alors que la chose ait un autre but : cacher le contenu du livre lu. De là, est-ce à dire que les Japonais liraient du porno ou trucs du genre en pleine foule ?

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