10 octobre 2006

Home sweet home

Une longue absence, n'est-ce pas ? Surtout pour quelqu'un qui avait fait l'imprudente promesse de tenir son "travel-blog" a jour... Disons que l'incapacite d'utiliser mon ordinateur m'aura quelque peu freinee. Veuillez m'en excuser ; et m'excuser aussi de ma prose innaccentuee dans cette introduction (le qwerty m'impose ses limites, mais dans un sens, c'est exotique). Je me lance donc dans une premiere tentative d'alimentation du blog via la fac ; quelques lignes pour vous planter un bout de decor : la maison. Je n'ai jamais ete d'un grand talent pour les descriptions, mais il faut bien commencer quelque part. Donc...

Le quartier où j’habite s’appelle Ruislip Gardens. C’est un quartier résidentiel plutôt calme et agréable, où il règne toujours une agréable odeur de végétation mouillée, surtout tôt le matin et quand le soleil vient de se coucher. Il se situe dans l’arrondissement de Hillingdon, au Nord Ouest de Londres, tout au bout de la ligne centrale du métro. A vrai dire, ça ressemble plus à une petite ville tranquille de campagne qu’à la banlieue d’une grande capitale. Mais c’est comme ça aux environs de Londres, un peu décalé et sympathique. Disons qu’on se sent à la campagne, et donc dans mon cas, un peu comme chez moi.


La maison est à quelques minutes à peine des stations de métro et de bus. On n’a pas beaucoup à marcher, c’est plutôt pratique. C’est une bâtisse plutôt haute et étroite ; deux étages, et contiguë à une autre maison quasiment symétrique. C’est un exemple type des habitations du coin : serrées les unes aux autres, uniformément construites de petites briques rouges, avec de grandes baies vitrées sur le devant, pas de volets, une petite cour côté rue et un petit jardin à l’arrière. Cela instaure une étrange proximité silencieuse avec les voisins ; on les voit souvent vaquer à leurs occupations par-dessus la mince clôture de planches qui sépare les jardins, on entend leur chien aboyer et grogner et même parfois le son de leur télévision, mais on n’a pas vraiment de contact avec eux. Tout juste bonjour, si par hasard on se trouve seul et face à face avec l’un d’eux.

Bref, c’est là que moi et Sterenn, mon amie de la fac avec qui je partage les joies de ce périple, avons élu domicile après quelques mésaventures dont je tairai ici les détails. Nous ne sommes bien évidemment pas les seules locataires de ce charmant petit pavillon anglais. En tout, nous sommes huit : quatre filles, quatre garçons ; trois Polonais, deux Syriens, un Egyptien et nous, les deux petites Françaises. Des étudiants, des professionnels. Tout le monde a entre vingt et trente ans - et c’est moi la plus petite, chose à laquelle je suis néanmoins plutôt habituée. Ca fait aussi quatre langues parlées autour de la table de la cuisine, variant selon les heures, les personnes présentes. Au final, c’est plutôt équilibré.

Tout le monde s’entend bien, en tous cas pour l’instant ; une liste de prénoms est affichée dans la cuisine (parce qu’un Français peu avoir du mal à mémoriser un prénom polonais, et vice-versa), juste à côté d’un planning pour les corvées ménagères. On a chacun notre étagère dans le frigo et dans le congélateur, des placards séparés dans la cuisine, tout à fait comme dans l’auberge espagnole. Chacun prend ses repas quand il veut mais il est rare qu’on se trouve seul, et on partage poliment les spécialités de nos pays respectifs. C’est d’ailleurs l’un de nos sujets de conversation les plus fréquents, ce qui se fait chez les uns et pas chez les autres. Et tout le monde est scandalisé par le fait que nous mangions des escargots et de la viande de cheval.

Chacun a sa chambre ; les nôtres sont au rez-de-chaussée. La mienne est à côté de la cuisine, donc j’entends tout le monde et tout le temps ; mais j’ai aussi une porte vitrée qui donne directement sur la terrasse, avec la lumière du soleil toute la journée, et ça, j’aime bien. Je peux faire mes abdos et mes pompes dans la pelouse fraîche en me levant le matin, et utiliser les altères qui traînent sur les carreaux dehors. Disons que ça a ses avantages et ses inconvénients.

Mais je crois que je me plaît à vivre dans cet endroit, finalement. C’est autre chose, définitivement.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

sympa d'avoir de tes nouvelles.
Home sweet home. Moi c'est un immeuble orange, dans une rue calme, dans un quartier calme, à 3 minutes à vélo du centre.

Beaucoup de magasins, beaucoup de cultures, beaucoup de langues.

Home sweet home est formée d'un appart au rez de chaussée (tiens aussi), avec 3 chambres plutôt grandes, un big méga salon, cuisine, 2 salles de bain (dont une qui est privée, juste pour une chambre -pas la mienne évidemment..).
Pour 3 coloc, toutes filles, toutes francophones et toutes en droit.

Pour l'instant (j'ai pas de cours, encore. Je suis donc en total touriste) j'ai vu deux difficultés:
-se plier aux règles du lieu (poubelles dans des sacs spéciaux surtaxés, pas de douche après 22h, etc)
-sortir dans la rue et te dire que cette ville va -doit?- t'appartenir dans quelques mois. Que ici c'est chez toi. Que cette rue c'est la tienne. Et surtout que les gens, là autour, c'est des vraies personnes. De la peine à avoir un rapport naturel et sain avec les gens qui m'entourent (me dit: "lui ça pourrait être un pote?" genre 3615 amis).

Toi? Des altères et des pompes, et la vie est belle?

Anonyme a dit…

Aaaah! Enfin un peu de nouvelles! (ouais, t'as raison, morceau de mise à jour régulière, ton blog!). Arf, ça a l'air trop cool, ça a la même tête que dans les films, ta maison! Purée, ça doit être génial!
La vie à 8, lol, c'est aussi bien que dans l'auberge espagnole?
Bravo pour les pompes et les abdos. I applause... J'ai abandonné ça depuis bien longtemps, moi!

Par contre, Lou, ça n'a pas l'air de te plaire beaucoup, ton nouveau bled... J'espère quand même que tu perds pas le moral, malgré les "réjouissances" qui te tombent dessus (flash...).

Biz à toutes les deux, so!

Anonyme a dit…

ah ben si. Si si ça me plaît. Juste un pli ou deux à prendre. Mais la ville est beaucoup moins hostile que je ne le craignais (le suisse-allemand, c'est quand même une suite de borborygmes assez aride): les gens font des efforts pour parler hoch-deutsch (vrai allemand, quoi), et assez lentement en plus.
C'est vraiment multiculturel comme endroit, avec la proximité des frontières allemandes et françaises (dans un rayon de 6 km de l'appart, on est en France, en Allemagne ou on reste en Suisse), et les nombreux frontaliers.

Nous on a rien de l'auberge espagnole: on a partagé les tâches ménagères par thème. Genre ma coloc fait à manger (tout le temps), et moi je range et nettoye (tout le temps). Et puis on n'a pas séparé le frigo et les armoires, on fait plutôt dans la version familiale, avec une réserve commune, et puis quelques extra privés.
Pour l'instant ça marche très bien, mais faut dire qu'on est que deux..

A plus, la donne doit passablement changer je suppose (surtout si vous avez pas l'habitude de manger les mêmes trucs)

Anonyme a dit…

Louisette, tu vas pas me croire, mais je n'ai pas reconnu ton style tout de suite^^ Heureusement que Flo etait la pour me confirmer que c'etait bien toi... Au fond tu es la personne avec qui je communique le plus par le biais de ce blog (rien que pour ca, ca vaut le coup de le tenir a jour ^^ et promis, je vais m'y tenir maintenant).

Sinon, Flo, desolee de te decevoir, mais non, dans la vraie vie c'est pas exactement comme l'auberge espagnole ! Peut etre parce que dans l'auberge en question, ils sont tous beaux, intelligents et ont le meme age... pour ce qui me concerne, deux de mes colocs a part Sterenn sont vraiment sympas, deux m'indifferent, genre bonjour-merci-au revoir et y'en a un qui m'insupporte, j'ai nomme Oussama-le-big-boss. D'apres ce que j'ai compris, la maison est a son oncle donc monsieur joue un peu au maitre des lieux... ca et le fait qu'il parle super fort dans la cuisine (adjacente a ma chambre) apres 23h... mais enfin bon, on peut pas tout avoir. (Cela dit, j'ai pas aime l'Auberge espagnole...)

Je trouve sympa l'organisation des colocs de Louise. C'est plus sympa de vivre "completement ensemble", il me semble, moins complique et surement meilleur pour le moral. Dans mon cas ce serait impossible, mais j'aimerai bien tenter un jour. Qui sait...

Enfin, pour le 3615 amis, si ca peut te rassurer, j'ai un peu la meme reaction... c'est un peu dur de se retrouver sans attache, parfois.

Anonyme a dit…

3615 a sonné à ma porte. Ce soir on se fait une tite bouffe at home, avec que des gens rencontrés à Bâle (+ ma coloc évidemment).
Dont beaucoup de tessinois (tu m'étonnes, ça fait du bien de pouvoir parler une langue qu'on connaît).

C'est là aussi que je suis contente de vivre dans la version tous ensemble, parce que c'est concevable d'inviter des gens et prendre d'assaut toutes les parties communes.

Ce qui fout les boules, c'est imaginer qu'on puisse se fighter et qu'on se retrouve en sombre tête à tête.
Ou alors que les choses changent quand la 3e coloc arrivera.

Enfin on verra. Pour l'instant je trouve plus rationnel de vivre en communauté, puisqu'on a le même genre de vie (sauf que moi je loupe le petit-déjeuner et mange directement à midi en me levant) et de références culinaires. (c'est-à-dire celles de l'étudiant genevois.
[Flo: je mange pas des pâtes et épinards parce qu'elle sait rien faire d'autre, ma cuistot', pas du tout. C'est juste pour le budget que j'utilisais l'expression. Mais on mange bien, franchement bien.])